sens de la vie

En ce mois d’avril 2023, je me retrouve en pleine crise existentielle. J’ai l’impression de faire un bon dans le temps, il y a quelques années, quand cette question m’obsédait chaque jour : quel est le sens de la vie ?

Je me souviens qu’à cette époque, je me réfugiais dans les livres pour lui trouver un sens. Je m’entourait d’auteurs, d’autrices, et chacun d’entre eux me donnait des raisons de vivre. Stendhal, Nietzsche, Goethe, Victor Hugo, Virginia Woolf, James Joyce, Krishnamurti, Boris Vian, Sylvain Tesson.. Tous m’ont profondément marqué et je porte toujours un peu de leurs histoires en moi. Ce n’est pas un hasard si j’ai décidé d’aller en licence de lettres après mon bac. Sauf que une fois mes études terminées, je ne voulais pas continuer en master. J’ai décidé que le sens de la vie était de voyager. Alors j’ai pris mon sac à dos et je suis partie à Montréal faire du volontariat dans une auberge de jeunesse. Ironie du sort, je ne suis tombée que sur des français et françaises. Le dépaysement n’était pas total, mais je me sentais bien, à ma place.

Après 2 mois passés là bas, j’avais besoin d’encore plus de dépaysement. J’ai trouvé un centre de yoga, à quelques heures de Montréal, reclus en pleine nature, sans connexion internet ni voisinage. Des retraites « spirituelles » étaient organisées le week-end : je devais cuisiner et aider au ménage pour l’arrivée des participants. Je suis restée 1 mois, dont 2 semaines complétement seule puisque le proprio partait en vacances. Comment vous dire que cette expérience m’a changé. Là bas, pas de distraction, très peu de compagnie, le calme de la nature, le bruit des écureuils sur le toit de la maison, la rivière qui passe, mon ukulélé, le café à 7km en vélo pour avoir un peu de wifi et parler à ma mère, mon carnet d’écriture… et le vide.

Tout ce que j’essayais de fuir est remonté à la surface. Je me suis pris des claques monumentales, j’ai pleuré des torrents de larme. D’ailleurs, je crois ne jamais avoir autant pleuré dans ma vie qu’en quelques jours ici. J’étais juste à bout de forces, et je réalisais que je ne pouvais pas fuir mes sentiments. Que les émotions me poursuivaient même à l’autre bout du globe. J’acceptais pour la première fois la fragilité en moi. J’acceptais d’être vulnérable, épuisée et surtout, de me sentir seule. Ma famille me manquait terriblement. Même ma ville, que je détestait au plus au point, commençait à me manquer.

Après des années de combat acharné contre le monde et contre moi-même, j’apprenais enfin à faire la paix. Je suis retournée à Montréal et j’ai pris des billets d’avion pour rentrer chez moi.

Le voyage m’a appris le courage. L’importance d’aller au bout de mes rêves ET l’importance des autres. Moi qui voulait me débrouiller toujours toute seule, je comprenais à quel point je m’épuisais et à quel point j’étais chanceuse d’avoir un entourage aimant. Bref, ça ne répond pas à la question initiale. Mais je comprends mieux ce que je dois faire pour RE-trouver du sens à la vie.

Il va sans doute falloir que j’équipe mon sac à dos et que je trouve en moi la dose de courage pour repartir à l’aventure…

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